Saint-Rémy-de-Provence tient sur quelques rues et pourtant je n’en fais jamais le tour deux fois de la même façon. Il y a le centre historique où traîner sans but, les pierres de Glanum, le marché du mercredi et les Alpilles qui commencent à grimper juste derrière les maisons. Voici l’ordre dans lequel je conseille de tout prendre, avec mes préférences assumées et deux ou trois habitudes qui ne figurent pas sur les dépliants de l’office de tourisme.
Le centre historique, en portant le nez en l’air
Je démarre toujours ici, sans itinéraire précis. Les ruelles pavées débouchent sur des placettes ombragées et des fontaines qui rafraîchissent l’air même en plein été. Les boutiques artisanales et les galeries d’art se cachent entre deux façades ocres et la place Jean Jaurès reste mon coin préféré pour un café en terrasse. Le centre vit toute l’année mais l’ambiance change du tout au tout les jours de marché.
Passez par le marché du mercredi
Le grand marché provençal s’installe tous les mercredis matin, de huit heures à treize heures, sur la place de la République et dans les rues attenantes. J’y retrouve chaque semaine les mêmes étals et quelques nouveaux venus :
- des fruits et légumes de la vallée
- des olives et de l’huile locale
- du fromage de chèvre et du miel de lavande
- des épices et des fleurs coupées
- de l’artisanat textile et des objets en bois d’olivier
Arrivez tôt : après dix heures, les rues se remplissent et se garer devient un vrai sport.
Glanum et les Antiques, la Provence d’avant les Romains
Aux portes de la ville, le site archéologique de Glanum retrace une cité qui a changé trois fois de mains : gauloise, puis grecque, puis romaine. Les ruines ont plutôt bien vieilli et les panneaux explicatifs suffisent à comprendre l’organisation de la ville antique sans guide. Comptez une petite heure de visite, entrée à environ neuf euros. Juste devant, les Antiques marquaient l’entrée de la cité : le mausolée des Jules et son arc de triomphe à quatre piliers se visitent sans billet et le coucher de soleil sur ces pierres vaut le détour.
Sur les traces de Van Gogh, du monastère au musée Estrine
Le monastère Saint-Paul de Mausole a accueilli Vincent van Gogh de mai 1889 à mai 1890 et le site fonctionne encore aujourd’hui comme établissement de santé. La visite mène jusqu’à la reconstitution de sa chambre et aux jardins qui ont nourri une partie de son œuvre. Comptez une heure sur place, pour dix euros.
En cinquante-trois semaines à Saint-Rémy, Van Gogh a peint cent quarante-trois toiles et rempli plus de cent carnets de croquis.
La promenade dans l’univers Van Gogh relie ensuite le monastère au musée Estrine sur un kilomètre et demi, ponctuée de vingt et un panneaux reproduisant ses toiles peintes dans la région. Le musée Estrine referme la boucle avec ses collections d’art moderne installées dans un hôtel particulier du dix-huitième siècle et un espace dédié à ce séjour qui a tant compté pour le peintre.
Le musée des Alpilles aiguise le regard avant la randonnée
Installé dans un hôtel particulier du seizième siècle, ce petit musée retrace l’histoire et les traditions des Alpilles : vie rurale, évolution du territoire, savoir-faire locaux. Une visite courte à sept euros mais qui change le regard porté sur les paysages traversés ensuite en randonnée.
Grimpez dans les Alpilles selon la forme du jour
Les sentiers commencent quasiment au pied des remparts. Voici trois options bien différentes, du dimanche en famille à la sortie plus sportive.
| Randonnée | Niveau | Durée | Ce qu’on y voit |
|---|---|---|---|
| Val d’Enfer | Facile | 1 à 2 h | Rochers calcaires sculptés par l’érosion |
| Plateau de la Caume | Intermédiaire | 3 à 4 h | Vue large sur les Alpilles et la plaine |
| Mont Gaussier | Difficile | Demi-journée | Panorama jusqu’au Luberon et à la Camargue |
Le lac de Peïroou complète bien la boucle facile : la baignade y est interdite mais le site reste parfait pour un pique-nique à l’ombre des pins.
Une dégustation dans un mas, entre vin et huile d’olive
Les Alpilles produisent des vins AOP réputés et une huile d’olive qui n’a rien à envier au reste de la Provence. Le Domaine de la Vallongue et le Moulin du Calanquet ouvrent leurs portes pour une dégustation et le Château Romanin, du côté des Baux, ajoute un château du treizième siècle au décor. Réservez en haute saison : les mas se remplissent vite le week-end.
Que faire à Saint-Rémy-de-Provence selon la saison ?
Le printemps et l’automne offrent les meilleures conditions, avec des températures douces et des rues moins chargées. L’été anime davantage la ville mais la chaleur pousse à sortir tôt le matin ou en fin de journée. L’hiver ralentit tout et Saint-Rémy prend des airs de carte postale à l’approche de Noël, quand les vitrines s’illuminent sans la foule des mois chauds. Pour la nuit, les villages des Alpilles alentour offrent une belle alternative au centre de Saint-Rémy.
Le temps à prévoir dépend de ce que vous visez :
- une journée pour le centre, Glanum et un musée
- deux jours pour ajouter le marché et une randonnée
- trois jours pour pousser jusqu’aux Baux-de-Provence et aux Carrières de Lumières







