Si vous n’avez qu’une demi-journée dans le sud Luberon, Lourmarin se visite en entier à pied : le château, le petit cimetière où repose Albert Camus, les étals du marché le vendredi matin. Le village porte le label plus beaux villages de France sans jouer la carte postale figée. On y flâne, on s’arrête sur un banc à l’ombre, on perd un peu de temps volontairement et c’est exactement le programme.
Le château donne le ton dès l’arrivée
Le château de Lourmarin domine les toits depuis son éperon rocheux et c’est de loin le premier réflexe du village. Bâti aux quinzième et seizième siècles, il compte parmi les tout premiers châteaux Renaissance de Provence, avec une aile médiévale plus ancienne accolée à des façades plus légères, plus ouvertes sur le paysage. Les salles meublées se visitent toute l’année et la terrasse haute offre une vue franche sur le Luberon et la plaine de la Durance, sans doute le meilleur point de vue gratuit du village. Le château appartient aujourd’hui à une fondation culturelle qui y organise le festival des Musiques d’Été, de juillet à octobre : concerts de musique classique entre les murs anciens, une ambiance particulière que je recommande si les dates coïncident avec un séjour dans le Luberon.
La tombe de Camus, dans le petit cimetière
Albert Camus a choisi Lourmarin à la fin des années 1950, séduit par la lumière et la tranquillité d’un village encore à l’écart des foules. Il y meurt dans un accident de voiture en 1960 et repose depuis dans le cimetière communal, à quelques minutes à pied du centre. Sa tombe reste sobre, presque anonyme si on ne cherchait pas son nom, entourée de fleurs déposées par les visiteurs de passage. L’office de tourisme propose sur réservation une visite guidée sur les traces de l’écrivain, utile pour comprendre son attachement au village au-delà de la simple photo devant la pierre tombale.
Le marché anime le village chaque vendredi matin
Le marché s’installe chaque vendredi de 8h à 13h sur la place Henri-Barthélémy et dans les ruelles attenantes, avec les producteurs du Luberon en majorité : fromages de chèvre, melons de Cavaillon en saison, huile d’olive, lavande, linge provençal. C’est le meilleur moment pour sentir le village vivre mais aussi le plus chargé : en juillet et août, les cars arrivent dès 9h30 et le stationnement devient compliqué après 11h. Mon conseil : venir tôt ou choisir un autre jour de la semaine pour une balade plus posée dans les ruelles, quitte à revenir le vendredi pour l’ambiance et un café en terrasse. Et si vous restez le week-end, le grand marché du samedi à Apt prend le relais à une demi-heure de route.
Le vendredi matin, oubliez le programme : c’est jour de marché et le village entier s’organise autour de lui.
Le reste du village, entre pont à coquille et ruelles
Une fois passés le château, la tombe et le marché, Lourmarin garde quelques curiosités qui méritent un détour rapide.
- Le beffroi, surnommé localement la boîte à sel pour sa silhouette carrée, domine les toits depuis le centre du village.
- Le pont à coquille, construit en 1606 sur l’Aiguebrun, reste visible depuis le chemin qui longe la combe malgré son terrain privé.
- L’église Saint-André-et-Saint-Trophime, mélange de roman et de gothique, en plein cœur du village.
- Le temple protestant du dix-neuvième siècle, le plus grand du Vaucluse, témoin de la mémoire huguenote de Lourmarin.
- La galerie Le Hangart, ouverte depuis 2001, pour une pause art contemporain entre deux ruelles.
Combien de temps prévoir à Lourmarin ?
Deux à trois heures suffisent pour voir l’essentiel : le centre se traverse à pied en un quart d’heure mais entre le château, un tour au cimetière et une pause en terrasse, la demi-journée passe vite. Une journée entière a du sens surtout un vendredi, entre marché le matin et balade vers l’étang de la Bonde ou les villages voisins l’après-midi. Sans voiture, Lourmarin reste accessible en bus depuis Pertuis et Cadenet, avec des fréquences limitées hors saison scolaire, ce qui pousse plutôt à combiner la visite avec une nuit sur place ou un point de chute dans un village proche.







