Ménerbes ne se visite pas en courant partout. Ce village perché du Luberon se parcourt à pied en deux ou trois heures et concentre l’essentiel sur un tout petit périmètre : quelques ruelles, une poignée de bâtiments qui ont traversé les siècles et un point de vue qui vaut le déplacement à lui seul. Voici l’ordre dans lequel je ferais la visite, avec mes préférences dedans.
Le village de Ménerbes, à parcourir en premier
On se gare gratuitement aux entrées du village et on monte à pied. Les ruelles pavées grimpent doucement vers la place de l’Horloge, dans un village d’à peine 1 000 habitants où tout se fait sans voiture. Le Castelet, acheté en 1953 par le peintre Nicolas de Staël, domine les toits mais reste une propriété privée : on l’admire depuis la rue, rien de plus. Un peu plus loin, la maison qui appartenait à Dora Maar, muse de Picasso et photographe elle-même, rappelle que Ménerbes a longtemps attiré les artistes autant que les vignerons. L’église Saint-Luc et la porte Saint-Sauveur ponctuent la balade, sobres et sans chichi. Compter trente à quarante minutes pour ce premier tour, davantage si on s’arrête dans les galeries d’art qui occupent les anciennes échoppes.
Un village qui se regarde à pied, jamais depuis une voiture qui cherche une place.
La Maison de la Truffe et du Vin, l’arrêt que je ne saute jamais
Installée dans l’ancien hôtel d’Astier de Montfaucon, un bâtiment du XVIIe siècle sur la place de l’Horloge, la Maison de la Truffe et du Vin réunit une cave voûtée avec plus de 170 vins AOC Luberon et un bar où l’on goûte une planche à la truffe en terrasse. J’y vais surtout pour le jardin panoramique, à l’heure où le soleil rase les toits : la vue porte jusqu’au Petit Luberon sans qu’on ait à marcher pour l’obtenir. La boutique vend aussi de la truffe fraîche en saison, Melanosporum l’hiver et Aestivum l’été, pour ceux qui veulent repartir avec quelque chose de concret plutôt qu’un aimant sur le frigo.
Musée du tire-bouchon et jardin botanique, au Domaine de la Citadelle
Au pied du village, le Domaine de la Citadelle abrite deux curiosités qui se visitent l’une après l’autre. Le musée du tire-bouchon, ouvert en 1993, rassemble plus de 1200 pièces allant du XVIIe siècle à nos jours, dont le tout premier modèle en acier forgé à la main. À côté, le jardin botanique déploie ses cinq hectares de restanques du XVIIIe siècle restaurées : truffière, plantes médicinales, plantes aromatiques, plantes sauvages comestibles et même un coin dédié aux plantes dites magiques. Si le temps manque, je privilégie le jardin pour la vue sur le Luberon et les Monts de Vaucluse plutôt que le musée, réservé aux amateurs curieux d’objets anciens.
L’abbaye Saint-Hilaire, à cinq minutes en voiture
Entre Ménerbes et le village de Lacoste, l’abbaye Saint-Hilaire se niche à flanc de colline depuis sa fondation vers 1250 par des Carmes venus du Mont Carmel. Classée monument historique en 1975, elle mélange influences romanes et gothiques, avec un chevet cistercien percé de lancettes et une fresque du XVe siècle représentant une Crucifixion. La visite se fait librement d’avril à novembre, de 10h à 18h, pour 4 euros et gratuitement pour les moins de 18 ans. C’est l’étape que je conseille en fin de matinée, quand le village commence à se remplir et qu’on cherche un peu de calme.
Quand venir et comment s’organiser ?
Le meilleur moment pour venir reste le printemps ou le début d’automne, mai, juin, septembre et octobre, quand les groupes se font rares et que la lumière reste douce toute la journée. En juillet et en août, mieux vaut arriver avant 10h ou après 17h pour éviter les rues bondées et les parkings pleins. Quelques repères utiles pour organiser la journée :
- Marché provençal le jeudi matin, de 8h à 13h
- Trajet depuis Avignon : environ 40 minutes en voiture
- Trajet depuis Cavaillon : environ 20 minutes en voiture
- Stationnement gratuit aux entrées du village, aucune circulation dans les ruelles
- Bus locaux peu fréquents, la voiture reste le moyen le plus simple pour enchaîner avec un village voisin comme Bonnieux
Ménerbes se prête bien à une demi-journée associée à un village voisin. Lacoste ou Oppède-le-Vieux complètent facilement le programme pour qui reste dans le coin l’après-midi.







