Bonnieux, le village du Luberon qui se grimpe

Bonnieux se grimpe avant de se raconter. Le village s’accroche au versant nord du Petit Luberon, face à Lacoste et une demi-journée suffit à en faire le tour : l’église Haute tout en haut, les ruelles pentues entre les deux, le marché du vendredi matin et, à quelques minutes de voiture, le pont Julien et la forêt des Cèdres. Voici comment j’organiserais la visite, sans rien de superflu.

À Bonnieux, tout commence par l’église Haute

Je grimpe toujours par là en premier. Quatre-vingt-six marches mènent à l’église Haute, perchée à 425 mètres au-dessus du village et la montée dans les ruelles fait déjà partie du plaisir. L’édifice mélange roman et gothique, classé monument historique depuis 1980. À l’intérieur, un retable du XVIe siècle, un maître-autel du XVIIe et un orgue du XVIIIe racontent huit siècles d’usage religieux : elle sert encore pour les messes, les mariages et quelques concerts en été. Une rénovation est prévue pour l’été 2026, un point à vérifier avant de s’y rendre. Juste en dessous, le belvédère ouvre sur la vallée du Calavon, Lacoste en face et le mont Ventoux quand le ciel est dégagé.

Les ruelles à parcourir sans se presser

La rue Droite mérite qu’on ralentisse. Cette rue caladée, l’une des plus anciennes du village, garde une fontaine à roue et des vestiges de remparts entre ses vieilles demeures. Un peu plus loin, la porte du Castellas, aussi appelée le portail des Chèvres, marquait l’entrée du village fortifié : sa triple voûte se lit encore très bien. Bonnieux a posé quinze panneaux qui racontent son histoire au fil des ruelles, de quoi transformer une simple balade en vrai circuit du patrimoine sur une heure trente à deux heures. Pour finir, la rue des Pénitents blancs et ses escaliers de pierre mènent au même belvédère que l’église Haute, un excellent point de chute en fin de visite.

La tour Philippe, la folie d’un homme qui voulait voir la mer

Sur la route de la forêt des Cèdres, une tour isolée de trente mètres surgit au détour d’un virage. Vers 1885, un habitant du village, Philippe Audibert, entreprend de la construire parce qu’il rêve d’apercevoir la mer depuis chez lui. Il meurt avant d’achever son projet et son beau-frère, héritier de la tour, refuse d’aller plus haut mais fait couronner l’ensemble. Par beau temps, on distingue depuis son sommet l’étang de Berre : un rêve à moitié tenu.

Le marché du vendredi, place du Terrail

C’est le rendez-vous de la semaine. Chaque vendredi matin, la place du Terrail et la rue d’Ittenheim se couvrent d’étals : producteurs locaux, fromages, artisanat. Les terrasses des restaurants se remplissent juste à côté et c’est sans doute le meilleur moment pour sentir la vie du village plutôt que de la traverser. Le reste de la semaine, Bonnieux garde tout ce qu’il faut pour vivre sur place :

  • une supérette et une boulangerie
  • une boucherie et un tabac-presse
  • une pharmacie et une médiathèque
  • des parkings gratuits en plusieurs points du village

Pont Julien et forêt des Cèdres, deux sorties à quelques minutes

À cinq kilomètres, dans la plaine, le pont Julien enjambe le Calavon depuis l’an 3 avant notre ère. Ce pont romain, posé sur le tracé de la Via Domitia, a traversé les siècles et les crues sans faiblir : un nouveau pont construit en 2005 détourne aujourd’hui la circulation pour le protéger et la Véloroute du Calavon l’emprunte encore. À sept kilomètres dans l’autre sens, la forêt des Cèdres s’étend sur 250 hectares plantés à partir de 1861 avec des graines rapportées de l’Atlas algérien. Ces arbres ont résisté au grand incendie de 1952 et forment aujourd’hui une cédraie dense où les sentiers, balisés et accessibles aux poussettes, mènent jusqu’à l’arche naturelle du Portalas.

Où aller pour voir le jour décliner sur le village ?

Trois endroits valent le déplacement en fin d’après-midi.

  • Le belvédère sous l’église Haute, au bout de la rue des Pénitents blancs
  • La route qui monte vers la forêt des Cèdres, avec Bonnieux, Lacoste, la vallée du Calavon et le Ventoux en ligne de mire
  • L’aire de pique-nique sur la D3, direction Ménerbes, pour une vue d’ensemble sur le village

Le premier reste mon préféré : la pierre garde la chaleur du jour et les ruelles se vident doucement.

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