Aigues-Mortes en une journée, des remparts aux salins roses

On vous le dit direct : à Aigues-Mortes, la journée se joue sur trois temps forts, le tour des remparts, la tour de Constance et une échappée vers les salins roses, avec la place Saint-Louis entre les deux pour souffler en terrasse. La cité se visite à pied, en une demi-journée si vous filez, en journée complète si vous prenez le temps de flâner dans les ruelles pavées. Voici notre parcours, dans l’ordre où on le fait nous-mêmes, avec les adresses et les horaires utiles.

Le tour des remparts, la première balade qui plante le décor

Commencez par le début : les remparts encerclent toute la ville intra-muros sur 1,6 kilomètre, ponctués d’une vingtaine de tours. Saint Louis les fait bâtir au XIIIe siècle pour transformer Aigues-Mortes en premier port de croisade vers la Méditerranée et sept cents ans plus tard, l’enceinte reste debout, presque intacte. Le chemin de ronde offre une vue qui vaut à elle seule le déplacement, d’un côté les toits en tuiles et le clocher de la cité, de l’autre les étendues rosées des salins qui filent jusqu’à l’horizon. Comptez une heure et demie pour boucler le tour sans se presser, billet en poche ou avec un audioguide si les détails historiques vous intéressent. L’accès coûte 9 euros pour un adulte et devient gratuit le premier dimanche de janvier, février, mars, novembre et décembre.

La tour de Constance, jusqu’en haut

La visite des remparts inclut la tour de Constance, l’ancien donjon qui domine la cité du haut de ses 30 à 40 mètres. Ce n’est pas qu’un point de vue : la tour sert de prison pendant plus d’un siècle et Marie Durand, une huguenote arrêtée après la révocation de l’édit de Nantes, y reste enfermée trente-huit ans. Des templiers y séjournent aussi bien avant elle. Grimpez jusqu’à la terrasse sommitale pour un panorama à 360 degrés sur la Camargue, les canaux et le Grau-du-Roi au loin. C’est l’étape qui marque le plus les enfants, entre l’escalier en colimaçon et les récits qu’on leur raconte en chemin.

La place Saint-Louis, la pause qu’on ne loupe pas

Après la marche sur les remparts, direction la place Saint-Louis, le vrai cœur de la ville. La statue du roi, sculptée par Pradier en 1849, trône au centre, entourée de platanes qui font une ombre bienvenue en été. Les terrasses de cafés et de restaurants occupent tout le pourtour et c’est là qu’on s’installe pour observer la vie locale plutôt que de courir les monuments. L’église Notre-Dame-des-Sablons, la plus ancienne de la ville, se trouve à deux pas, avec ses vitraux contemporains signés Claude Viallat qui tranchent avec la pierre du XIIIe siècle. La chapelle des Capucins, sur la place elle-même, accueille aujourd’hui des expositions temporaires.

Les salins roses, la sortie hors des murs

Sortez des remparts et filez vers les salins d’Aigues-Mortes, 8 000 hectares d’étangs qui prennent une teinte rose spectaculaire en été. La couleur vient d’une algue microscopique, la dunaliella salina, qui se développe avec la chaleur et la lumière : mi-mai ne suffit pas encore, visez plutôt juin à septembre pour la voir en couleur. Les flamants roses viennent s’y nourrir en nombre, aux côtés de deux cents autres espèces d’oiseaux. Trois façons de visiter : à pied sur un parcours balisé de 4 ou 12 kilomètres, à vélo avec ou sans guide ou en petit train touristique qui s’arrête au musée du sel. Cette dernière option reste la plus simple avec des enfants ou par forte chaleur. Si cette Camargue sauvage vous donne envie de prolonger, les Saintes-Maries-de-la-Mer et leurs plages ne sont qu’à une quarantaine de minutes de route.

Le marché, c’est quel jour ?

Le mercredi et le dimanche matin, l’avenue Frédéric Mistral se transforme en marché provençal, un des meilleurs moments pour goûter la région sans passer par un restaurant. Producteurs et artisans y vendent fruits et légumes de saison, charcuteries, fromages et spécialités camarguaises, dans une ambiance qui n’a rien de touristique malgré la proximité des remparts. On y va tôt, avant que la chaleur et les groupes de visiteurs envahissent les allées. C’est aussi l’endroit où repérer la fougasse d’Aigues-Mortes avant qu’elle ne parte : les meilleurs stands sont souvent en rupture dès 11 heures.

Ce qu’on mange à Aigues-Mortes

La table locale raconte autant l’histoire de la ville que ses pierres. Trois choses à goûter :

  • La gardiane de taureau, une viande mijotée au vin rouge et servie avec du riz de Camargue, le plat qui résume tout le terroir en une assiette.
  • Un verre de vin IGP Sable de Camargue, cultivé dans le sable, en rosé, en gris ou en gris de gris, avec des arômes qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
  • La fougasse d’Aigues-Mortes, une brioche moelleuse parfumée à la fleur d’oranger, qui fait partie des treize desserts de Noël dans toute la région.

Aucune de ces trois adresses ne demande une réservation : il suffit de pousser la porte d’une boulangerie ou de s’asseoir en terrasse place Saint-Louis.

Que faire à Aigues-Mortes si on n’a qu’une journée ?

Programme d’une journée à Aigues-Mortes

1Matin
Remparts et tour de Constance
  • Tour du chemin de ronde : 1,6 km et une vingtaine de tours, compter 1 h 30
  • Tour de Constance incluse : terrasse sommitale, panorama à 360 degrés sur la Camargue
  • 9 € par adulte, gratuit le premier dimanche de janvier, février, mars, novembre et décembre
  • Mercredi ou dimanche : marché avenue Frédéric Mistral, à faire tôt (fougasse souvent épuisée dès 11 h)
2Midi
Place Saint-Louis
  • Déjeuner en terrasse à l’ombre des platanes
  • À goûter : gardiane de taureau et riz de Camargue, un verre d’IGP Sable de Camargue
  • À deux pas : Notre-Dame-des-Sablons et ses vitraux de Claude Viallat, la chapelle des Capucins
3Fin d’après-midi
Les salins roses
  • Lumière rasante qui sublime les couleurs, flamants roses
  • À pied (parcours de 4 ou 12 km), à vélo ou en petit train jusqu’au musée du sel
  • Petit train : l’option la plus simple avec des enfants ou par forte chaleur
Budget
40 à 60 € par personne
repas compris
Quand venir
Avril, mai, juin, septembre, octobre
moins de foule qu’en juillet-août ; salins roses de juin à septembre

Si le temps manque, resserrez le programme sur les remparts le matin, la place Saint-Louis pour déjeuner et les salins en fin d’après-midi, quand la lumière rasante sublime les couleurs. Pour venir, plusieurs options s’offrent à vous :

  • En train depuis Nîmes, la ville aux arènes, quarante-cinq minutes de TER et dix minutes de marche jusqu’aux remparts.
  • En voiture par l’A9 puis la D979 depuis Nîmes, avec un stationnement à prévoir hors les murs : les rues intra-muros restent étroites et vite saturées.
  • En bus depuis Montpellier, la ligne L106 rejoint la Tour de Constance en une heure environ.

Comptez entre 40 et 60 euros par personne pour la journée, repas compris et privilégiez avril, mai, juin, septembre ou octobre pour profiter des ruelles sans la foule de juillet-août.

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