Avignon se visite bien en une journée, à condition de rester où ça compte : dans les remparts. Palais des Papes, pont, ruelles pavées : la vieille ville concentre l’essentiel, pas besoin de sortir du centre historique pour remplir sa journée. Voici les six arrêts que je fais à chaque fois qu’un ami débarque chez moi.
Le Palais des Papes en premier
Commencez la journée ici, avant l’arrivée des groupes. Le Palais des Papes est la plus grande construction gothique d’Europe, résidence de neuf papes au XIVe siècle quand la papauté s’est installée à Avignon plutôt qu’à Rome. Les salles immenses, certaines volontairement laissées nues, racontent mieux l’histoire qu’un long discours. Cherchez les fresques de Matteo Giovannetti dans la chapelle Saint-Martial, presque vide alors qu’elle vaut largement le détour. Comptez une heure et demie pour la visite, un peu plus avec l’audioguide. Le billet couplé avec le pont d’Avignon fait économiser quelques euros et évite une deuxième file en plein été. Si votre passage tombe en juillet, sachez que la cour d’honneur se transforme en scène pour le Festival, avec une tout autre ambiance le soir venu. Les papes ne se sont d’ailleurs pas contentés de la ville : ils ont aussi fait bâtir un château à une vingtaine de kilomètres au nord, au milieu des vignes de Châteauneuf-du-Pape.
Le pont Saint-Bénézet, deux minutes qui suffisent
Le fameux pont d’Avignon ne compte plus que quatre arches sur les vingt-deux d’origine, emportées par les crues du Rhône au fil des siècles. La visite prend vingt minutes montre en main, ce qui n’empêche pas d’y grimper : la vue sur les remparts et sur l’île de la Barthelasse justifie le détour à elle seule.
La comptine dit qu’on y danse « sur » le pont mais certains historiens racontent plutôt des bals donnés sous les arches, sur l’île, les jours de fête.
Le Rocher des Doms pour souffler
Le jardin grimpe juste derrière le palais, sur le point le plus haut de la ville. C’est ici que les premiers habitants d’Avignon se sont installés, bien avant les papes et la vue explique pourquoi : le Rhône, l’île de la Barthelasse et, par temps clair, le Mont Ventoux au loin. Le site a rouvert début 2026 après une première phase de travaux, l’entrée reste gratuite et l’accès s’étend de 7h30 à 20h en septembre. Bassin, paons en liberté, bancs à l’ombre : une vraie pause au milieu de la visite, à caler plutôt en fin de matinée pour profiter de la lumière sur le pont.
Faire le tour des remparts à pied
Quatre kilomètres et demi de fortifications encerclent la vieille ville, construites au XIVe siècle sur ordre du pape Innocent VI pour protéger la cité pendant la guerre de Cent Ans. Longez-les plutôt que de les traverser en voiture : le chemin de ronde extérieur offre des angles sur le palais qu’on ne voit nulle part ailleurs. Quelques repères pour ne rien manquer en chemin :
- la porte de l’Oulle, côté Rhône, avec vue sur l’île de la Barthelasse
- la porte Saint-Lazare et ses tours carrées, les mieux conservées du tracé
- le tronçon face au Petit Palais, le plus photogénique en fin de journée
- la porte de la République, point de départ pratique depuis la gare
Prévoyez une heure pour le tour complet, moins si vous ne longez qu’un tronçon.
La rue des Teinturiers, mon coin préféré
C’est la rue où j’emmène toujours mes invités en fin d’après-midi. Un petit canal la longe, avec quatre roues à aubes encore debout, souvenirs des artisans teinturiers qui y travaillaient au XVIe siècle. Les façades colorées, les terrasses de bars et l’ombre des platanes en font l’endroit le plus vivant de la vieille ville hors saison du Festival. Installez-vous à une terrasse en début de soirée : c’est le meilleur moment pour la découvrir, quand la chaleur retombe et que les habitants sortent enfin de chez eux.
Faut-il aussi caser un musée dans la journée ?
Un seul suffit si le temps manque : le musée du Petit Palais, juste à côté du Palais des Papes, avec une entrée gratuite toute l’année. Sa collection de peinture italienne pré-Renaissance, dont une Vierge à l’Enfant de Botticelli, se visite en une heure sans jamais se sentir pressé. Les amateurs d’art plus récent préféreront la Collection Lambert, tournée vers la création contemporaine depuis les années 1960 mais celle-ci demande un billet et un peu plus de temps.







