Eygalières se visite en une matinée ou se savoure sur une journée entière, ça dépend du temps qu’on a envie d’y laisser. Le programme court : grimper jusqu’aux ruines du château, passer par la chapelle Saint-Sixte, traîner sur le marché du vendredi et finir à table dans le village. De quoi comprendre en quelques heures pourquoi ce coin des Alpilles retient autant de monde.
Le vieux village et ses ruines, la balade qui s’impose
La montée commence par les ruelles pavées, entre façades en pierre calcaire et volets fermés sur la fraîcheur. Au sommet, les ruines du château gardent leur donjon et un pan de la salle des gardes, coiffés d’une statue de la Vierge posée là en 1893 après une apparition racontée par une jeune villageoise. Juste en contrebas, la tour de l’Horloge date de 1672 : les habitants l’ont bâtie avec les pierres du château pour célébrer une indépendance chèrement payée, une rançon versée aux Espagnols pour libérer leur seigneur. L’ancienne église Saint-Laurent, romane et du douzième siècle, referme la boucle avant de redescendre vers la place.
La chapelle Saint-Sixte, l’image qu’on garde en tête
Un kilomètre à peine sépare le village de cette chapelle romane du douzième siècle, plantée seule sur un monticule et cernée de cyprès. C’est la carte postale d’Eygalières, celle qui circule sur tous les comptes Instagram de la région et qui a servi de lazaret pendant les pestes de 1629 et 1720. Le site se visite librement, sans réservation et la vue porte jusqu’à la montagne de la Caume.
Le marché du vendredi, le meilleur moment pour venir
Le vendredi matin change la physionomie du village : les étals sortent, l’odeur d’huile d’olive et de miel flotte entre les platanes et la place se remplit d’habitants autant que de visiteurs. On y trouve les produits du terroir des Alpilles, huile AOP de la Vallée des Baux en tête, ainsi que des légumes de saison et quelques fromages de la région. Caler sa visite un vendredi transforme une balade patrimoniale en immersion dans le rythme du village, plus vivant qu’un dimanche calme.
Que faire à Eygalières une fois sorti du vieux village ?
Les Alpilles commencent aux portes du village et changent le programme d’une visite.
- À vélo, la route D24 serpente dans le massif jusqu’au Pas de la Figuière, à 247 mètres, en direction du petit village d’Aureille.
- À pied, le GR6 traverse Eygalières et relie les Baux-de-Provence et Aureille pour une randonnée à la journée.
- Les boucles plus courtes du Petit Calan et du Gros Calan serpentent dans la garrigue, entre anciennes carrières et pins.
Ces trois options couvrent une heure de balade digestive comme une vraie sortie sportive, sans s’éloigner beaucoup du village.
Une table qui ne triche pas et où dormir sur place
Chez Paulette, en plein centre du village, reste l’adresse qui revient dans toutes les conversations pour un déjeuner sans prétention entre deux visites. Côté nuitées, Eygalières aligne des chambres d’hôtes installées dans d’anciens mas en pierre et des hôtels de charme comme le Domaine de la Pierre Blanche, plutôt taillés pour un séjour posé que pour une étape rapide. Compter un budget confortable pour une nuit sur place : le village attire depuis longtemps une clientèle habituée aux belles adresses. Le Monastère de l’Épiphanie, en périphérie, ouvre aussi ses portes à ceux qui cherchent une parenthèse plus silencieuse. Pour un budget plus doux, les autres villages des Alpilles où dormir se trouvent souvent à quelques minutes de route.
Pourquoi tant de people ont-ils choisi Eygalières ?
Le climat et les paysages ont attiré une population aisée dès le milieu du vingtième siècle et le mouvement ne s’est jamais arrêté. Michel Drucker, Charlotte de Turckheim ou Alain Prost comptent parmi les habitants réguliers, aux côtés de quelques visages venus du cinéma international. Cette notoriété discrète n’a pas transformé le village en décor : les ruelles restent celles d’un vieux mas provençal agrandi, pas d’une station balnéaire repeinte pour l’occasion. C’est peut-être ce contraste entre notoriété et simplicité qui donne à Eygalières son charme particulier, loin des villages des Alpilles devenus touristiques.







