Septembre est le mois où j’envoie tout le monde en Provence. Les routes se vident, les prix baissent et le soleil reste généreux sans écraser personne. Voici ce que je fais découvrir à mes proches quand ils débarquent ce mois-là, des calanques aux villages du Luberon en passant par les vendanges.
Ce qui change vraiment en Provence en septembre
La chaleur écrasante d’août retombe mais le soleil ne s’en va pas. Les journées oscillent entre 20 et 25 degrés, les soirées redescendent vers 15 à 18 degrés, bien assez pour dîner dehors en manches courtes. Les foules de juillet-août sont reparties travailler et les routes provençales se libèrent d’un coup.
Ça change tout sur place. Les musées se vident, plus de queue devant l’atelier de Cézanne à Aix. Les hébergements affichent des tarifs plus raisonnables et il reste des disponibilités, même à la dernière minute. Mi-septembre tombent aussi les Journées du Patrimoine, l’occasion de visiter des lieux fermés au public le reste de l’année sans bousculer personne dans les couloirs. Les restaurateurs et les commerçants respirent enfin après deux mois de rush et prennent le temps de discuter, ce qui change l’ambiance d’un séjour du tout au tout.
Les calanques sans la queue devant le sentier
Les calanques entre Marseille et Cassis restent la sortie que je conseille en premier. Le sentier de Port-Miou jusqu’à En-Vau traverse des falaises calcaires qui ne laissent presque pas d’ombre, alors autant marcher tôt le matin en septembre plutôt qu’en plein août. Cassis vaut le déplacement rien que pour son port aux façades colorées, posé au pied des rochers.
L’eau reste chaude et souvent plus calme qu’en été, parfaite pour une baignade après la marche. Marseille aussi se visite mieux à cette période, sans la cohue des grands mois d’été sur le Vieux-Port.
Ce qu’on met dans le sac
- Des chaussures de marche, pas des tongs
- De la crème solaire, même sous un ciel voilé
- Des lunettes de soleil
- Un téléphone chargé
- Un pique-nique ou une bonne collation
- Au moins un litre et demi d’eau par personne
Le Luberon retrouve son calme
Le Luberon change de visage en septembre, une bonne occasion de choisir où dormir dans ses villages perchés. Les trois villages que je recommande toujours jouent chacun une carte différente.
| Village | Ambiance en septembre | À ne pas manquer |
|---|---|---|
| Gordes | Village perché, calme retrouvé | Le château, l’abbaye de Sénanque, le village des Bories |
| Lourmarin | Ruelles vivantes sans excès | Le marché du vendredi matin, le château |
| Roussillon | Lumière idéale sur les ocres | Le sentier des ocres |
Les marchés méritent qu’on s’y arrête aussi. On y trouve les premiers produits de la rentrée, fruits, légumes, fromages de pays et pas mal d’artisanat local, bijoux, céramique, jouets en bois, sans oublier les stands d’huile d’olive et de savon de Marseille qui embaument dès l’entrée. Un sac réutilisable et une arrivée tôt le matin suffisent pour repartir avec les meilleurs produits sans la cohue.
La saison des vendanges, à observer ou à vivre
Septembre marque souvent le début des vendanges, quand le raisin atteint enfin le degré de maturité recherché par les vignerons. Installés sur une aire de pique-nique ou allongés dans l’herbe, on regarde les tracteurs faire la navette entre les vignes et les caves toute la journée.
Septembre, c’est la Provence qui souffle enfin et elle vous le rend bien.
Certains domaines proposent même de devenir vigneron le temps de quelques heures, panier et sécateur compris. C’est une activité que je conseille à ceux qui reviennent une deuxième fois, une façon de toucher la région autrement qu’avec un appareil photo.
Champignons, brame du cerf et fermes du Ventoux, la Provence bascule-t-elle déjà vers l’automne ?
Autour du Ventoux et dans les massifs des Bouches-du-Rhône, la fin de l’été ramène aussi les champignons. Cèpes, sanguins, petits gris et chanterelles poussent dans les forêts après les premiers orages. Un panier en osier suffit, à condition de savoir reconnaître les espèces toxiques avant de ramasser quoi que ce soit. Les clubs mycologiques locaux organisent parfois des sorties encadrées pour apprendre à distinguer les bonnes trouvailles des pièges.
La faune du Ventoux se réveille elle aussi. Cerfs, chamois, bouquetins, renards et sangliers partagent les forêts avec quelques vipères sans danger. C’est aussi la période du brame, ce cri du cerf qui résonne dans les sous-bois pour attirer les biches. Avec des enfants, une ferme comme celle des lamas au Barroux fait une pause idéale entre deux balades, avec des ânes et des chevaux de trait à caresser de près.







