Villages perchés de Provence : mon tour des plus beaux, sans les pièges à touristes

Un village perché en Provence n’est jamais du remplissage sur un itinéraire. Gordes attire la foule, Roussillon change de couleur selon l’heure, Ménerbes reste tranquille même en août. Voici les six que je conseille à mes amis quand ils viennent, dans l’ordre où je les visiterais, avec la raison qui me pousse à y retourner chaque année.

Gordes, le village perché que tout le monde connaît (et pourquoi il le mérite)

Gordes reste la vitrine du Luberon, perchée sur son éperon avec vue sur toute la vallée. Les ruelles en calade grimpent entre les maisons de pierre sèche, le château Renaissance trône au centre et l’abbaye de Sénanque n’est qu’à quelques kilomètres. La foule pose problème en juillet-août, alors j’y passe avant l’arrivée des cars, tôt le matin. Le meilleur point de vue se trouve sur la route qui descend vers Cavaillon, juste après le premier virage : arrêtez la voiture deux minutes, la photo vaut le détour.

Roussillon, mon village préféré pour la lumière du soir

Roussillon se distingue par ses falaises d’ocre et ses façades dans les mêmes teintes rouge et orange. Le sentier des ocres se parcourt en quarante minutes, chaussures fermées obligatoires vu la poussière qui colle à tout. Je grimpe toujours jusqu’au sommet du village en fin d’après-midi, quand le soleil rasant embrase les murs.

La première fois que j’ai vu Roussillon au coucher du soleil, j’ai raté mon dîner, immobile devant le mur.

Gordes et Roussillon se visitent souvent le même jour : les deux villages sont proches et complémentaires, l’un en pierre grise, l’autre en ocre.

Ménerbes, le village discret que les touristes ratent

Ménerbes se dresse comme un vaisseau de pierre au-dessus des vignes du Luberon, rendu célèbre par le livre de Peter Mayle sur la vie en Provence. Le village compte moins de visiteurs que Gordes ou Roussillon, alors qu’il possède autant de charme : citadelle privée, hôtels particuliers, ruelles calmes où on entend surtout les cigales. La Maison de la Truffe et du Vin mérite un arrêt pour goûter les produits locaux avant de reprendre la route vers Lacoste ou Bonnieux.

Lacoste, entre Moyen Âge et galeries d’art

Lacoste grimpe sur sa colline avec ses maisons en pierre, ses fenêtres à meneaux et ses passages voûtés hérités du Moyen Âge. Le château du village a appartenu au marquis de Sade avant sa rénovation par Pierre Cardin, qui a aussi racheté une trentaine de maisons alentour. L’art occupe une place à part : galeries, ateliers et un festival lyrique animent le village chaque été. Les ruelles montent sec, gardez de bonnes chaussures pour l’ascension jusqu’au château.

Bonnieux, la vue que je recommande à tout le monde

Bonnieux domine la vallée du Calavon depuis son promontoire, face à Lacoste et Ménerbes de l’autre côté du vallon. Les 86 marches qui montent vers la vieille église offrent un panorama complet sur le Luberon, des cèdres du sommet jusqu’aux vignes en contrebas. Le village garde un centre vivant toute l’année, avec un marché le vendredi matin et deux ou trois bonnes tables où je retourne sans me lasser. La boulangerie du village mérite un crochet pour les fougasses aux olives.

Séguret, si vous voulez sortir du Luberon

Séguret change de décor : direction les Dentelles de Montmirail, au nord du Vaucluse, dans le vignoble des Côtes du Rhône. Le village s’accroche à sa colline avec des maisons accolées bâties dans les anciens remparts, une fontaine classée et les ruines d’un château féodal en haut des ruelles. La vue depuis la chapelle domine la plaine du Comtat et les vignes à perte de vue. Un séjour centré sur le vin et les villages perchés du Vaucluse gagne à inclure cette étape, même loin du Luberon.

Quand visiter ces villages perchés ?

Le printemps et le début d’automne offrent la meilleure lumière avec des températures encore douces, loin de la foule de juillet-août. Quelques repères pratiques avant de partir :

  • Chaussures fermées obligatoires, les calades glissent et les ruelles montent sec
  • Départ tôt le matin pour Gordes et Roussillon, les deux villages les plus fréquentés
  • Journée type possible : Ménerbes et Lacoste le matin, Bonnieux pour déjeuner, Roussillon au coucher du soleil

Un carnet de route sur plusieurs jours permet de combiner ces villages perchés sans se presser, en gardant du temps pour s’arrêter sur une terrasse ou discuter avec un commerçant du coin.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *