Les plus beaux villages des Alpilles, ceux qui valent le détour

Si vous tapez cette recherche, vous voulez une liste courte et honnête, pas quinze villages entassés sans ordre. Voici ceux qui méritent le détour, avec ce qui fait leur caractère propre : Les Baux-de-Provence pour le spectacle minéral, Saint-Rémy-de-Provence pour l’ambiance de vraie ville à taille humaine, Eygalières pour le calme, Maussane et Mouriès pour les oliviers, Fontvieille pour la pierre blanche et Aureille pour fuir la foule. Chacun a son heure et sa saison, je vous dis lequel choisir selon ce que vous cherchez.

Les Baux-de-Provence, le village qui domine tout le paysage

Les Baux-de-Provence occupent un éperon rocheux qui domine toute la vallée jusqu’à la Camargue par temps clair. Le village vit autour de son château en ruines (classé monument historique) et de ruelles pavées où l’ardeur du soleil se reflète sur la pierre blanche. C’est le village le plus spectaculaire des Alpilles, sans doute aussi le plus visité : l’été, les cars se garent en file et les ruelles se remplissent dès 10 heures.

J’y retourne toujours en fin de journée, quand la lumière rase les falaises et que les touristes redescendent vers leur voiture.

Pour éviter la cohue, venez tôt le matin ou choisissez l’automne. Les Carrières de Lumières, juste en contrebas, valent la visite mais ne remplacent pas la promenade jusqu’à l’esplanade du château, avec son panorama qui embrasse tout le massif.

Saint-Rémy-de-Provence, l’ambiance des terrasses et des marchés

Saint-Rémy est le village qu’on choisit quand on veut sentir la vie tourner autour de soi. Le centre historique, fermé aux voitures, s’organise autour d’un boulevard planté de platanes où s’enchaînent cafés et boutiques d’artisans. Le mercredi matin, jour de marché, la ville entière se retrouve sur le cours : étals d’olives, de fromages de chèvre et de linge provençal se succèdent jusqu’à midi passé.

Van Gogh y a séjourné au monastère Saint-Paul-de-Mausole et Nostradamus y est né, rue Hoche (la maison ne se visite pas). À deux pas du centre, le site archéologique de Glanum garde les vestiges d’une cité romaine, une bonne excuse pour marcher un peu après le repas.

Eygalières, mon village discret préféré

Eygalières est le village que je conseille à ceux qui trouvent les Baux trop chargés. Bâti sur une petite colline entourée d’oliviers, il garde une rue principale animée sans jamais donner l’impression d’un site touristique. On y flâne, on pousse la porte d’une galerie, on s’assoit à une terrasse sans faire la queue.

À un kilomètre et demi du village, en direction d’Orgon, la chapelle Saint-Sixte mérite le détour : un édifice roman du XIIe siècle posé seul sur une colline, entouré de cyprès. C’est l’endroit où j’emmène toujours mes amis de passage, surtout au coucher du soleil.

Maussane et Mouriès, le duo des oliviers

Ces deux villages se visitent volontiers le même jour, à cinq minutes de voiture l’un de l’autre. Mouriès porte le titre de première commune oléicole de France, avec près de 90 000 oliviers plantés autour du village. Le marché du mercredi et les vieux moulins, comme le moulin Saint-Michel actif depuis 1744, racontent cette histoire mieux qu’un panneau explicatif.

Maussane joue une carte plus chic, avec ses mas en pierre et sa fontaine des Quatre Saisons sur la place de l’Église. L’ambiance change du jour à la nuit : douce l’après-midi, animée dès que les terrasses se remplissent en soirée. L’été, les deux villages organisent des fêtes votives et des marchés nocturnes qui valent le déplacement.

Fontvieille, la pierre blanche et les moulins de Daudet

Fontvieille doit sa notoriété à Alphonse Daudet, qui a situé ses Lettres de mon moulin dans ce village creusé de carrières de calcaire. Le moulin qui a inspiré l’écrivain se dresse toujours à l’entrée de la ville, entouré d’un panorama sur la campagne environnante.

Le village mêle habitations troglodytiques, galeries souterraines et une architecture en pierre blanche assez différente du reste des Alpilles. La tour des Abbés, édifiée au XIVe siècle pendant la guerre de Cent Ans, complète la visite avec le château de Montauban, pour une visite qui prend facilement une demi-journée.

Aureille et les petits villages qu’on oublie trop vite

Aureille se niche au pied des Opies, le point culminant du massif à 492 mètres. C’est un village authentique, sans façade refaite pour les visiteurs, avec une vue qui porte jusqu’à la Crau et parfois jusqu’à Arles. Les ruines du château du XIIe siècle dominent toujours la cité.

Trois autres villages méritent une mention, même s’ils ne figurent jamais dans les classements :

  • Saint-Étienne-du-Grès, ses bastides anciennes et sa chapelle du XIe siècle avec vue sur Arles et Tarascon
  • Le Paradou, un ancien village médiéval au pied des Baux, la Provence en miniature
  • Mas-Blanc-des-Alpilles, la plus petite commune des Bouches-du-Rhône, point de départ d’une balade sur une ancienne voie romaine

Ce sont eux qu’on découvre en dernier, quand on connaît déjà les Alpilles et qu’on cherche encore un coin sans personne.

Le plus beau village des Alpilles, c’est lequel finalement ?

Tout dépend du temps que vous avez. Pour une demi-journée, foncez droit sur Les Baux-de-Provence et son panorama, quitte à y retourner en fin d’après-midi une fois les cars partis. Pour un week-end, associez Saint-Rémy pour l’ambiance et Eygalières pour la respiration, avec un détour par Maussane ou Mouriès si les oliviers vous intéressent. Si vous cherchez où poser vos valises pour l’occasion, j’ai détaillé mes adresses préférées pour dormir dans les Alpilles dans un autre article.

Sur place plus longtemps, les petits villages du nord du massif complètent bien le tableau, loin des foules : pas la peine de tout caser dans un seul séjour.

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